Tosca, notes de mise en scène

Pour cette nouvelle production de Tosca, Adrien Jourdain propose une mise en scène dépouillée, dans un décor revisité. Il s’appuiera sur les fortes personnalités d’Irina Stopina (interprète Tosca) et Régis Mengus, (interprète Scarpia) et centrera sa mise en scène sur la violence politique et le désir.
Scarpia ne chante-t-il pas à la fin du 1er acte : « Tosca, mi fai dimenticare Iddio. » (Tosca, tu me fais oublier Dieu.) Avec ces mots proclamés juste avant le fameux Te Deum, Scarpia rejette Dieu pour adorer Tosca. La mise en scène mettra l’accent sur la violence des sentiments qui anime cet homme de pouvoir, sur l’amour incandescent de Tosca pour Mario et sur la force morale de la cantatrice lorsqu’elle doit tenir tête à Scarpia.
Le metteur en scène fera appel également à une créatrice lumières, Elise Lebargy, pour sculpter l’espace telle une arène où s’affrontent ces trois personnalités chauffées à blanc.
La trame de Tosca correspond parfaitement au schéma de la tragédie : unité de temps, de lieu et d’action. En deux heures, passion, jalousie, haine, sadisme et pulsion érotique s’entrechoquent jusqu’à l’inéluctable drame. Puccini et son librettiste ont pris le parti de mener cette histoire à un rythme d’enfer.
Nous sommes le 17 juin 1800, à Rome : la ville des papes sort de deux années d'occupation par les troupes françaises du Directoire. Floria Tosca, cantatrice renommée, est amoureuse du peintre aux convictions républicaines Mario Cavaradossi, qui de son côté aide Cesare Angelotti, un détenu politique évadé des geôles du château Saint-Ange. Mais Tosca est jalouse et elle soupçonne - à tort - son amant d'entretenir une liaison...
La mise en scène se concentrera sur ses trois personnages, sur Scarpia qui joue avec les amoureux Mario Cavaradossi et Floria Tosca comme avec des marionnettes, sur le couple d’artiste qui est l’otage impuissant d’un destin implacable. Le metteur en scène et la scénographe, Cléo Ben Lahcène, ont fait le choix d’un décor simple et majestueux. Par souci d’économie, ils conserveront la passerelle qui avait servie à la première production et qui fournit un échafaudage à Mario, un balcon à Scarpia et un chemin de ronde à la garde du Château Saint-Ange, mais ils habilleront le plateau avec quelques éléments, ( table, fauteuil, colonnes qui planteront le décor.
Les contours du décor, mis en lumière par des ambiances claires-obscures prendront des airs inquiétants, voire glaçants.

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