Mort à Venise, la mise en scène

Britten et son librettiste ont crée un personnage protéiforme (le Diable, la Mort ?) qui, accompagné de son serviteur fidèle, s'accroche aux basques du héros. Le voyageur qu'Aschenbach rencontre au cimetière, le vieux dandy sur le bateau, le directeur de l'hôtel, le barbier, le saltimbanque, sont autant d'avatars du tentateur puis du passeur, celui qui aide à franchir le Styx, jusqu'au rivage éternel.
Le monde judéo-chrétien a laissé son empreinte sur Benjamin Britten. La transgression entraîne la déchéance et la mort du héros. Mais l'histoire peut se lire aussi comme une révélation, suivie d'une initiation et d'une mort symbolique. Le vieil Aschenbach meurt pour donner naissance à un être nouveau, sensuel, généreux, hédoniste.

L'opéra a été mis en scène comme une cérémonie ; cérémonie d'une initiation à la vie - et à la mort. Chaque tableau est juste évoqué par des éléments récurrents (piquets de lagunes, caillebotis et toiles de plage) et planté par des "servants" masqués, vêtus de capes sombres.