Le décor



Les décors dans Norma, à l'aube

Pour le décor, la demande était identique que pour les costumes, mais avec des contraintes nouvelles.
Deux tableaux se passent dans un espace public, extérieur, ouvert. Les deux autres au contraire, se déroulent dans les appartements secrets de Norma, appartements que le metteur en scène imaginait souterrains, pour être mieux cachés. Très vite, l’idée d’une pente reliant les deux niveaux, s’est imposée. Elle faisait écho à l’idée d’une descente aux enfers, au dilemme racinien de Norma, et à sa libération finale, à son ascension vers sa mort choisie.
Le regard du spectateur, orienté par la lumière, est tantôt rivé sur le haut du décor, l’espace ouvert, et tantôt happé par l’antre de Norma, au niveau inférieur. Le passage de l’un à l’autre souligne l’évolution des personnages de l’ombre vers la lumière, de l’étouffement vers la liberté, du mensonge vers la vérité.
Le jeu des cercles et des carrés, omniprésent dans l’imagerie celte, oriente ma recherche sur les «accessoires – décor», servant de support aux éléments forts des pratiques druidiques, l’eau et le feu.
Enfin, un rideau de galets, à la fois instrument de musique, toile d’araignée, ou simple rideau, sépare l’officiel de l’intime, la raison de la folie.