Les costumes dans Norma


Les costumes dans Norma, de Bellini

La demande du metteur en scène était complexe : il voulait à la fois que le drame se déroule dans une époque et un pays indéfinis, et qu’il soit imprégné de tradition celtique.
D’autre part, l’influence religieuse et militaire, prégnante dans le livret, devait s’illustrer visiblement. Il me fallait donc réinventer une société architecturée par ses différentes formes de pouvoir, dont les emblèmes soient lisibles pour tous, faisant à la fois appel aux archétypes communs et aux spécificités celtes.
Je suis donc partie, pour les costumes, d’une base simplissime, comme le sont les toges romaines, ou les saris indiens, mais volontairement sans référence.
En superposant des boubous, je perds la connotation africaine tout en conservant un vêtement sans âge. En lui ajoutant un motif peint, j’apporte un raffinement quasi oriental.
En privilégiant pour ce motif les formes rondes, je me rapproche des graphismes celtes.
En choisissant un code de couleurs très restreint, je facilite la lecture des symboles : rouge-pouvoir, brun-militaire, grenat religieux, écru-virginité, noir-bourreau.
Certains personnages, parmi les plus puissants, cumulent les signes.
Plus le boubou est long, plus le personnage est proche du pouvoir. Plus il est court, plus il est proche du militaire. Chacun de nous, occidentaux, est nourri de ces informations qui lui permettent de déchiffrer sans peine l’arborescence de cette ethnie imaginaire.